13 sept. 2012

Mais... pourquoi ?

Il est des questions existentielles qui reviennent souvent dans la vie. Dans la mienne, il en est une qui revient en permanence, quand je me rends compte qu'Ariane Massenet et Pauline Lefèvre sont encore sur Canal+, quand le téléphone du bureau sonne pour la dixième fois de la matinée, ou encore quand on m'apprend qu'il y a 7 heures d'avion entre Paris et Montréal, c'est : Mais, pourquoi ? Bien sûr, il faut y mettre le ton, faire une petite pause désespérée entre le "mais" et le "pourquoi" (pause symbolisée à l'écrit par la virgule), avoir le regard humide et faire une petite moue avec le menton. Jen le fait très bien :


Au détour d'un article de Libération, cette question m'a assaillie une nouvelle fois quand je suis tombée sur ça: "Adopte un mec ouvre une vraie boutique à Paris"... Je ne reviendrai pas sur le principe de ce site, adopteunmec.com, parce que ça m'est franchement égal, mais là, on a quand même atteint un nouveau palier. Pour ceux qui auraient la flemme de lire l'article, voici en gros ce qu'il y est écrit : le site adopteunmec.com vient d'ouvrir à Paris une boutique dans laquelle des hommes s'exposent dans des boîtes en carton, afin d'être choisis par les clientes du magasin. Le pire, c'est que ces mêmes hommes payent pour ça... D'où ma question : mais, pourquoi ?

Quentin Girard, auteur de cet article, a l'air aussi sceptique que moi, mais les personnes interviewées ne voient clairement pas le problème. Il y en a même une qui ose commenter : "Ca change des vitrines à Amsterdam, pour une fois que c'est l'inverse". Oh ben oui, dis donc, c'est marrant ça, pour une fois que c'est l'inverse. Personnellement, j'ai été vraiment choquée et mal à l'aise devant les fameuses vitrines rouges d'Amsterdam, devant toutes ses jeunes filles qui certes, ici, sont plus à l'abri que dans la rue, mais qui n'ont certainement pas réalisé là un rêve d'enfance, et surtout devant tous ces mecs dégueux venus là entre potes pour faire ça dans une pièce de 2 mètres sur 3, cachés de la rue par un simple rideau, passant derrière le 10e client de la soirée. Et qui ressortent fiers comme des paons parce qu'ils ont payé pour faire l'amour, comme si ça avait quelque chose de viril et de réjouissant. Et de fait, je ne trouve pas ça réjouissant que, pour une fois, ça soit l'inverse, j'ai du mal à comprendre l'ironie de la situation.

Pour Adopteunmec.com, cette expérience est drôle et bon enfant, et doit être vue comme tel. Moi, je ne vois pas bien le côté marrant et fun, insouciant et "sans prise de tête". Je vais être taxée de féministe frigide (ah, le féminisme, la grande maladie de notre siècle), mais selon moi, ça n'a rien de fun de s'exposer et de se vendre ainsi, c'est dégradant pour les hommes comme pour les femmes, et c'est se moquer d'une situation qui peut être tragique quand elle n'est pas mise en scène et glorifiée comme c'est le cas dans ce magasin. Selon un des témoignages de l'article, cela reflète notre société de consommation... C'est peut-être ça alors, le problème, c'est notre société, et l'idée que de payer pour être en vitrine et être choisi par des inconnues (en gros payer pour devenir un objet de consommation), alors même qu'un grand nombre d'hommes et de femmes se battent pour les droits de ces dernières -encore trop mises en vitrine et vendues par d'autres sans second degré-, c'est fun...

1 commentaire:

  1. j'ai entendu parler de l'ouverture de la boutique. Je pensais naïvement que c'était des accessoires avec le logo adopte un mec. Je suis assez choquée de découvrir ce que c'est.
    Quelle honte!

    RépondreSupprimer

Allez, mets un commentaire, fais pas le timide !